Couture·La Maison Victor

Histoire de veste #4 – Veste Blanche

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La petite histoire :

Il a quelques mois, je me suis attelée à la couture d’une autre veste pour ma série 2016.

Traversant alors un petit passage à vide couture (qui n’en a pas ?), je n’arrivais pas à trouver un projet motivant pour passer derrière la machine à coudre. En général pour faire venir l’inspiration, je m’assieds par terre et retourne mon stock de tissu. Cette démarche me permet également de résister à la tentation d’un nouvel achat en m’obligeant un peu à coudre ce que j’ai déjà chez moi. Exercice quelque peu frustrant, certes, mais qui permet (parfois) de limiter les achats compulsifs. Avec le temps, j’apprends à acheter des quantités raisonnables et réfléchies en tentant d’attribuer un projet à mes coupons. En général, ces bonnes résolutions s’envolent pendant les soldes ou lors de virées « exceptionnelles » dans une ville où il y a des magasins de tissus et du choix. Ben oui, ce serait bête de se priver, l’occasion est si « rare ».

Pour me motiver donc, j’ai entreprit d’attribuer un projet à certains coupons, une bonne fois pour toute. Le même travail peut s’effectuer du coté des patrons en ma possession et non cousus. Epluchage de magazines et fouille dans les classeurs au programme. Le cas des magazines m’est alors apparu comme une affaire à éclaircir. Je n’en possède pas une grande collection mais j’achète de temps en temps La Maison Victor. Je trouve sa forme particulièrement séduisante. Les photos sont belles, les couleurs attrayantes et le contenu varié et moderne. Il y en a pour tous, enfants et adultes, et dans une échelle de tailles intéressantes puisque certains patrons vont jusqu’au 56. C’est bien pratique pour varier les cadeaux home made pour mes proches. Toutefois, je n’avais jusqu’à présent jamais sauté le pas de coudre quelque chose issu de ces pages. J’ai toujours un peu peur avec les magazines qu’il faille retoucher, que les modèles ne soient pas très bien patronné ou que les explications soient trop succinctes et que je me retrouve bloquée. Sans parler des incompatibilités de morphologie.

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Ma décision était prise, il fallait tenter un modèle de cette revue. J’ai commencé par coudre une petite robe pour ma nièce d’après le modèle Sienna (ici et ici). Puis, partie sur ma lancée, j’ai attaqué la veste Blanche. Il s’agit d’un modèle de blazer, pour jersey ou « chaine et trame », sur lequel j’ai littéralement accrochée dans la parution de Juillet-Aout 2015 : Un indispensable de la garde-robe qui convient à toutes les silhouettes et s’adapte à différents styles.

De plus, ce choix me semblait cohérent avec ma série de veste pour l’année 2016. Sa couture représentait un défi personnel et j’étais assez convaincue du fait de la porter au quotidien, sans grosses contraintes morphologiques.

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Le tissu :

C’est à ce moment que la « veste indispensable, passe partout, blablabla » a dérapé.

Le modèle est présenté dans une maille texturée au look un peu sportif dont j’aime le rendu. Toujours un peu effrayée par la couture du jersey, je recherchais un tissu similaire à celui de la présentation, avec de la tenue et pourquoi pas texturé.

J’ai craqué pendant les soldes Mondial Tissus de janvier sur ce que je pensais être un jersey texturé, rapport au fait qu’il ressemblait, à première vue, à celui de Blanche. Allez savoir pourquoi, j’ai aimé son toucher un peu molletonné, sa tenue et ses petits ronds. Par contre, la couleur rose-corail fluo m’a pas mal freinée au départ. Moi qui clame toujours que le Orange ou le Corail ne me va pas… Il était inenvisageable d’en faire une robe, ni même une jupe. Je soupçonnais un effet un peu grossissant de la matière épaisse et de la couleur flashy. En revanche, une veste pep’s pour réveiller des tenues un peu fades ou foncées, pourquoi pas. Avec une couleur vive pour égayer, ça serait parfait pour le printemps.

Après couture, j’ai des doutes sur la nature de la matière. Elle a de la tenue, est assez épaisse mais n’a pas beaucoup d’élasticité. En réalité, on dirait deux couches de tissu en mailles emprisonnant des fibres synthétiques dans le matelassage rond. Les fibres ressortent parfois et je vous conseille d’éviter de tirer dessus sous peine de se retrouver avec un long fil qui ne casse pas et de faire ressortir d’autres fibres. Ce phénomène provoque d’ailleurs la formation de petites bouloches avec le temps. Est-ce une forme de néoprène ?  Je ne sais pas, mais j’ai été un peu surprise.

 Pour la doublure, j’ai utilisé un coton léger que j’avais acheté chez Ellen à Troyes. Il est de couleur crème avec des motifs éventails rouge-rose qui se marient bien avec le tissu extérieur.

La réalisation :

Accrochez-vous bien pour la réalisation de cette veste et surtout armez vous de patience. C’est un vrai chantier à mettre en place et il ne faut pas être pressé de passer devant la machine. On ne peut pas dire que j’ai choisi le projet le plus simple pour inaugurer la couture La Maison Victor, mais bon… Je commence par un gros coup !

Le premier obstacle consiste à recopier les pièces du patron… Elles se superposent à celles d’autres patrons, sur différentes pages, avec différentes codes couleurs. C’est un peu une chasse au trésor. Surtout quand on se rend compte, un peu tard, qu’il y a 16 pièces et qu’il faut y ajouter les marges de coutures. Notez également qu’il y a une flopée de crans de montage bien difficile à discerner dans ce fouillis. Mon conseil pour ne pas en oublier est de se référer  au plan de coupe sur lequel les pièces sont dessinées avec les crans. Moi j’en ai oublié un paquet !

Un autre point d’attention : le choix de la taille. Reportez vous bien au tableau. Il me semble que les mensurations sont « décalées » d’une taille. Par exemple, les mensurations 92-74-100 correspondent à un 38 chez La Maison Victor, alors qu’en général il s’agit d’un 40. C’est bon pour le moral hein ? Oui, mais le vêtement risque d’être trop grand. C’est comme cela que j’ai décalqué mes 16 pièces avec ajout des marges… une taille au dessus ! Ggggggrrr. Double ration de recopiage ! Bon ce n’est peut être pas une mauvaise chose d’avoir deux tailles de recopiées et après une toile,  j’ai opté pour la plus petite.

Continuons notre périple avec un autre coup de massue : l’entoilage. Mon stock de thermocollant est passé dans les 7 pièces à entoiler ! Ça m’apprendra à bien lire avant de me lancer !

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En termes de technique, il vous faudra d’abord assembler des coutures princesses. Dès la deuxième étape, on s’attèle à plus corsé. J’ai appris plus tard qu’on appelait cela des poches passepoilées. Je n’en avais jamais fait et je me suis lancée sans trop savoir dans quoi je m’embarquais. Car oui, faire des poches passepoilées, c’est technique mais en faire dans du « néoprène » qui marque très mal les plis et qui fond sur votre fer (véridique) c’est un challenge ! J’ai suivi les instructions avec applications en traçant toutes mes lignes au stylo (tant pis si ça ne s’efface pas) et en faufilant à la main. J’aurais pu m’entrainer sur une chute mais ça ne m’est pas venu à l’esprit, je l’avoue… le gout du risque ? ah ah ah ! Finalement, j’ai trouvé cette étape bien expliquée et je m’en suis pas mal sortie pour une première fois, surtout compte tenu de la matière.

Etape technique suivante : le montage du col et la doublure. Là j’avoue que le pas à pas de Michelle, cousue un mois avant, m’a bien aidé. Il en a d’ailleurs été de même pour le montage de la doublure et surtout les finitions. J’ai suivi les étapes du magazine en les complétant avec celles du pas à pas. Cela m’a sauvé car vers la fin, je n’ai pas vraiment compris les explications.

Au niveau des finitions de l’ourlet, je me suis un peu fâchée. Si près du but ! Je n’ai pas bien saisi ce qu’il fallait faire, cela m’a paru être du bidouillage et dans mon tissu le rendu faisait moche. Je me suis tellement acharnée que j’en ai abimé mon tissu qui est devenu tout rigide à cet endroit à force de repassage. Bref, j’ai lâché l’affaire. Ca ne se voit pas trop et maintenant c’est oublié.

Et portée ?

Après tous ces efforts et difficultés, je n’étais même plus sure de la porter. Elle devait être terminée mais les défauts ainsi que l’effet bonbon fluo m’ont fait douter.

Certes, sur un jean, c’est très sympa. Dommage que les tee-shirts de ma garde robe actuelle soient en majorité trop foncés pour mettre avec. J’ai acheté un pantalon clair (youhou grand changement !) et portée avec sur un bête tee-shirt blanc, je retrouve le coté printanier que je cherchais. Je n’ai pas l’habitude de porter des couleurs si claires, mais pourquoi pas ?

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Par contre, il y a une petite incohérence à mon goût au niveau de la matière. La veste est printanière de par sa couleur mais elle tient vraiment chaud !! Je l’imaginais comme un vêtement de mi-saison, mais pas pour l’automne. Enfin, pour le printemps Normand, ça convient très bien :).

Autre point, les fibres qui ressortent ont tendance avec le temps à faire des petites bouloches. Ce n’est pas très joli, on verra comment cela se comportera dans le temps.

Je l’ai portée plusieurs fois au final, elle est décontractée et dynamique ! Je valide !

En résumé :

Patron : Veste Blanche – Magazine La Maison Victor Juillet-Aout 2015. Marges non incluses dans le patron.

Tissus :

  • 1m30 de « tissu » texturé rose-corail fluo – Mondial Tissus à 16€99/m, soldé à -50%.
  • Coton crème à éventails roses – Boutique Ellen (Troyes) à 5€95/m, soldé à -50%.

Les + :

  • Veste versatile pour un look décontracté ou plus chic.
  • Couleur dynamique.
  • Plusieurs étapes techniques : poches passepoilées, doublure,…

Les – :

  • Beaucoup de pièces à recopier.
  • Difficulté à comprendre les finitions.
  • Tissu chaud pour une veste printanière et qui fait des petites bouloches.

 

Signature Mimie

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6 réflexions au sujet de « Histoire de veste #4 – Veste Blanche »

  1. elle est ravissante cette veste !
    tu as eu du courage de t’atteler à « ce recopiage » car effectivement sur LV c’est un peu compliqué!
    mais c’est un beau challenge!

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  2. Je la trouve super, cette veste !
    La couleur te va à ravir, et je pense que tu peux l’associer à beaucoup de fringues 🙂
    Alors, même si ça a été dur pour la réaliser, tu peux être fière de toi !! 😉

    J'aime

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